Paris, Le Triton 20230525
Après un voyage sans histoire, je me retrouve devant ce temple de la musique qu’est le Tritron aux Lilas (Paris).
Très vite je constate des similitudes avec mon club de Jazz préféré: Chorus à Lausanne. L’accueil y est chaleureux, l’endroit agréable, tout est fait pour que les musiciens et le public s’y sentent bien. L’agencement des lieux fait que la rencontre avec les musiciens est facilitée. Nous sommes loins des grandes salles habituelles trop grandes, trop de contrôles de sécurité et dénuées d’âme,
L’attente
Je profite du soleil et de la douce température du mois de mai pour me restaurer sur la terrasse. Soudain je vois un musicien de Magma, puis deux, puis trois qui profitent de la fin de la balance pour en “fumer une”. Christian Vander, mon héros, fait une démonstration d’un papa-maman avec les jambes. Ben oui ça serait plus simple avec les mains mais bon, nous sommes avec les combattants de la Zeuhl tout de même !
Ensuite j’aperçois Caroline, seule, et j’en profite pour me rapprocher. Je prends mon courage à deux mains, je l’aborde et je lui dis combien je suis impressionné par sa technique, sa puissance et les émotions qu’elle produit. J’en apprends un peu plus sur sa tessiture si large et si précise.
Ne voulant pas la priver d’un moment de repos précieux, je lui souhaite un bon concert et retourne à ma place pour siroter mon verre, prenant conscience que ce concert sera exceptionnel, comme tous les concerts de Magma !
Alors que le serveur m’apporte mon café, un ami, Zéro de Fréquence, vient me serrer la main et me propose de nous retrouver au bar après le concert.
Le concert
Étant sur place, je me suis inséré dans la file d’attente facilement et je me précipite vers une place en première ligne comme à mon habitude. C’est important de profiter des mimiques des artistes que ces places privilégiées permettent de voir. La scène est vide à l’exception du piano qui trône fièrement en plein milieu. Ah oui, c’est juste, on va assister à un concert particulier de Magma: juste les voix, “Akustiik-Wokaahl” en Kobaien.
Jean-Pierre, le “patron” des lieux, vient faire une annonce privée pleine d’humour comme à son habitude (il me semble qu’il avait un frigidaire à vendre) et ensuite annonce les musiciens sous une ovation enthousiaste.
Je me rends compte que depuis ma place, il me faudra lever la tête bien haut car Caroline est tout au bord de la scène, ce qui me permet d’admirer ses Doc Martens qui sont pour le moment peu expressifs.
Le ton est donné et les morceaux s’enchaînent:
Klameuhr
Köhntarkösz Anteria (Part I)
Hakëhn Deïs
Do Rïn Ïlï Üss
Tïlïm M’dohm
Cavatina
I Must Return
Irena Baladina
Zëss
Ehn Deiss
Hhaï
Tous les musiciens semblent être en pleine forme, heureux de partager avec le public ces instants magiques.
A côté de moi, une personne s’excuse de bouger et de chanter tous le morceaux en Kobaien dans le texte et des larmes dans les yeux. Les miens et ceux de mon voisin de droite étaient fortement humides également. L’émotion était réelle et quand Ehn Deiss fut entonné par Christian, la rumeur habituelle s’est faite entendre. Enfin, en guise de second rappel, “Hhai”, ce morceau jubilatoire à l’énergie incroyable et interprété magistralement notamment par les sopranos.
Les after
Tout le monde est satisfait, ébahi par cette performance inhabituelle. Personnellement, j’ai comme toujours à un concert de Magma beaucoup de peine à redescendre sur terre (mais est-ce vraiment nécessaire?). Je conserve ce souvenir de Colmar 74 où nous sommes restés prostrés, subjugués plus d’une heure assis par terre dans la salle. En sortant, nous avions croisé les musiciens en train de finir le chargement de leur camion de location.
Je retrouve ZdF au bar en compagnie de Jean-Christophe et d’Eurydice pour terminer une soirée chargée en émotion et des notes plein les oreilles.
Les musiciennes et musiciens:
Stella Vander
Isabelle Feuillebois
Sylvie Fisichella
Laura Guarrato
Caroline Indjein
Christian Vander
Simon Goubert
Thierry Eliez
Hervé Aknin

